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L’Yonne (89), dans la région Bourgogne-Franche-Comté, est une véritable mine d’or pour les amateurs d’urbex. Des châteaux oubliés aux usines abandonnées, ce département regorge de lieux fascinants à découvrir. Chaque site urbex offre une plongée dans le passé, parfaite pour les explorateurs à la recherche de mystères et d’émotions fortes. Préparez-vous à explorer ces trésors cachés en toute sécurité ! ️
L’exploration urbaine, ou urbex, consiste à découvrir des lieux abandonnés ou inaccessibles, révélant ainsi des fragments d’histoire oubliés. Le département de l’Yonne (89), situé en Bourgogne-Franche-Comté, offre une multitude de sites propices à cette pratique, alliant patrimoine historique et mystère. Entre Auxerre, Sens, Joigny et le seuil du Morvan, on y croise aussi bien des usines de bord de rivière que des châteaux endormis, des gares déclassées et des carrières souterraines.
L’Yonne, riche en patrimoine industriel et architectural, présente de nombreux sites abandonnés qui attirent les passionnés d’urbex. Son histoire explique cette abondance. Le département a d’abord vécu du bois et de la rivière : pendant plus de trois siècles, le flottage acheminait vers Paris les bûches du Morvan, une activité qui s’est éteinte au début du XXᵉ siècle en laissant ports, écluses et bâtiments de bord d’eau sans emploi. Il a ensuite vécu du fer, comme en témoignent les ferriers de la Puisaye, et de la pierre, extraite dans les carrières du Tonnerrois et de l’Avallonnais, dont certaines galeries souterraines sont désormais abandonnées. Le rail a joué un rôle décisif avec le nœud ferroviaire de Laroche-Migennes, immense complexe de triage et de dépôts qui a fait vivre toute une ville. Enfin, le vignoble de Chablis, ravagé par le phylloxéra à la fin du XIXᵉ siècle, a mis des décennies à se relever, laissant chais, ateliers et bâtiments viticoles à l’abandon. Des châteaux oubliés aux usines désaffectées, chaque lieu raconte une histoire unique.
Ancienne résidence des ingénieurs ferroviaires, cette demeure abandonnée offre une architecture remarquable et une ambiance nostalgique. Elle rappelle l’époque où Laroche-Migennes était l’un des grands nœuds ferroviaires de Bourgogne. Bâtiment fragile et proche des emprises du rail : restez à distance des voies, qui sont strictement interdites d’accès.
Ce château Renaissance pentagonal, partiellement restauré, dévoile des souterrains mystérieux et une architecture unique en France. Il fait l’objet d’un long chantier de sauvegarde et n’est pas un site abandonné au sens strict : on l’admire dans le respect des règles de visite, sans jamais forcer un accès.
Autrefois dédiée à la production de matériel vinicole, cette usine désaffectée permet de plonger dans l’histoire viticole de la région. Halles, ateliers et machines rouillées composent un décor industriel à échelle humaine, très photogénique par lumière rasante.
Fermée depuis des décennies, elle offre un cadre idéal pour les explorateurs en quête de vestiges ferroviaires : quais envahis, salle des pas perdus, bâtiments annexes. C’est l’un des sites les plus accessibles du département, à condition de ne jamais s’aventurer sur une voie en service.
Vestige de l’industrie du fer, ce site présente des amas de scories et des traces d’anciennes forges, témoignant d’une activité métallurgique très ancienne. Le lieu est autant archéologique que photographique : on observe, on ne prélève rien.
Témoin du passé industriel du chef-lieu, ce site désaffecté aligne ateliers, bureaux et quais de chargement. Sa localisation périurbaine impose une discrétion totale, mais l’ampleur des volumes en fait l’un des décors les plus impressionnants de l’Yonne.
| Ville | Population (approx.) | Intérêt urbex |
|---|---|---|
| Auxerre | ≈ 34 000 hab. | Friches industrielles, imprimeries et bâtiments de santé fermés |
| Sens | ≈ 26 000 hab. | Domaines abandonnés, ateliers et entrepôts délaissés |
| Joigny | ≈ 9 500 hab. | Bâti ancien vacant et sites de bord d’Yonne |
| Migennes | ≈ 7 000 hab. | Patrimoine ferroviaire, dépôts et logements de cheminots |
| Avallon | ≈ 6 500 hab. | Carrières, moulins et maisons de maître abandonnées |
| Villeneuve-sur-Yonne | ≈ 5 100 hab. | Bâtiments industriels et patrimoine fluvial |
| Tonnerre | ≈ 4 700 hab. | Chais, carrières de pierre et bâtiments viticoles |
| Saint-Florentin | ≈ 4 700 hab. | Gare désaffectée et petites friches |
L’urbex icaunais se distingue par la diversité et la richesse historique de ses sites, qui vont des structures industrielles aux édifices religieux, chacun avec son charme et ses secrets. Le département est parsemé de petites communes et de zones rurales, ce qui permet de découvrir des lieux moins connus et préservés du grand public. Sa proximité avec l’Île-de-France est à double tranchant : elle attire des explorateurs venus de loin, mais laisse encore de vastes secteurs — la Puisaye, le Tonnerrois, l’Avallonnais — largement inexplorés.
Pour une première sortie, la gare abandonnée de Saint-Florentin est le meilleur point d’entrée : ambiance ferroviaire immédiate, bâtiments à échelle humaine, et un intérêt photographique qui ne demande pas de prise de risque. Les amateurs de patrimoine architectural viseront le Château de Maulnes, unique en son genre avec son plan pentagonal et ses souterrains, à découvrir dans le cadre autorisé plutôt qu’en exploration sauvage. Pour du grand format industriel, l’usine abandonnée d’Auxerre et l’ancienne usine de Chablis offrent les volumes les plus généreux du département, mais exigent équipement et discrétion. Enfin, la Maison de l’Ingénieur de Migennes reste le choix des photographes attachés aux intérieurs figés.
Le département est étendu et les sites dispersés : mieux vaut cibler un secteur qu’improviser. Notre carte urbex permet de repérer les concentrations de positions autour d’Auxerre, Sens, Joigny et Migennes. Croisez ensuite avec les vues satellite : dans la Puisaye et le Tonnerrois, une toiture effondrée, un chai sans vitrage ou un parc retourné à la friche se distinguent nettement, surtout en hiver. La presse départementale suit régulièrement les explorateurs locaux et signale châteaux en péril, églises menacées et carrières oubliées. Les archives et les inventaires du patrimoine documentent forges, gares déclassées et moulins. Le reste vient du terrain, de la patience et de la discrétion.