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Le district de Viseu abrite l’un des sites les plus stupéfiants du Portugal : l’ancienne mine d’uranium de l’Urgeiriça, son chevalement et son village ouvrier, exploitée de 1913 à 2001. Autour, des gares de lignes démantelées, des quintas du Dão aux chais silencieux et des hameaux de granit vidés par l’émigration. ⛏️
Entre la Serra da Estrela, les vignobles du Dão et les vallées escarpées du Douro, le district de Viseu réserve aux amateurs d’exploration urbaine l’un des sites les plus stupéfiants du Portugal : l’ancien complexe d’extraction d’uranium de l’Urgeiriça, avec son chevalement, son village minier et ses bassins de résidus. Autour, la région aligne d’autres formes d’abandon : lignes ferroviaires démantelées, couvents désaffectés, quintas du Dão aux chais silencieux et hameaux de montagne vidés par l’émigration.
Le fait marquant du district, c’est l’uranium. Découvert au début du XXe siècle, le gisement de l’Urgeiriça, près de Canas de Senhorim, est d’abord exploité pour le radium à partir de 1913 par des sociétés britanniques, puis pour l’uranium après 1945, en pleine course à l’atome. Autour de la mine se construit un véritable village d’entreprise : logements, école, chapelle, terrain de sport, hôtel. L’exploitation s’arrête en 2001 et laisse un ensemble complet — chevalement, bâtiments de traitement, digues de stériles — dont la dépollution s’est étalée sur des années.
Le deuxième récit est ferroviaire. Le district a été desservi par des lignes à voie métrique aujourd’hui disparues : la Linha do Dão, entre Viseu et Santa Comba Dão, ferme en 1988, et le tronçon de la Linha do Vouga desservant Viseu suit en 1990. Il en reste des gares en granit aux azulejos décolorés, des châteaux d’eau, des ponts et des tunnels — plusieurs tronçons ayant été reconvertis en écopistes très agréables à parcourir.
Le troisième récit est rural et démographique. Le Dão a bâti sa réputation viticole sur des dizaines de quintas dont beaucoup, faute de succession ou de rentabilité, ont fermé leurs chais. Plus haut, dans les serras de Montemuro, do Caramulo et de Leomil, l’émigration des années 1960-1970 a vidé des hameaux entiers de maisons de granit. Enfin, la mise en eau du barrage d’Aguieira en 1981 sur le Mondego a noyé des terres, des moulins et des ouvrages ferroviaires de l’ancienne ligne du Dão, visibles lors des grandes baisses de niveau.
Viseu domine largement le district ; le reste se répartit entre bourgs viticoles du Dão, communes de montagne et villes du Douro méridional.
| Commune (concelho) | Population (approx.) | Intérêt urbex |
|---|---|---|
| Viseu | ≈ 100 000 hab. | Couvents désaffectés, gares fermées et friches périurbaines |
| Tondela | ≈ 27 000 hab. | Quintas du Dão et hameaux du Caramulo |
| Lamego | ≈ 24 000 hab. | Quintas du Douro, chais et patrimoine religieux délaissé |
| Mangualde | ≈ 18 000 hab. | Bâtiments industriels et domaines viticoles abandonnés |
| São Pedro do Sul | ≈ 15 500 hab. | Anciens bâtiments thermaux et moulins du Vouga |
| Castro Daire | ≈ 14 000 hab. | Hameaux désertés du Montemuro et patrimoine hydraulique |
| Nelas | ≈ 13 000 hab. | Complexe minier de l’Urgeiriça et son village ouvrier |
| Santa Comba Dão | ≈ 11 000 hab. | Terminus de l’ancienne ligne du Dão et rives du barrage d’Aguieira |
| Vouzela | ≈ 10 000 hab. | Gares de la ligne du Vouga et bâtisses rurales vides |
| Moimenta da Beira | ≈ 9 500 hab. | Bourgs dépeuplés et fermes abandonnées du plateau |
Le plus impressionnant, sans discussion, c’est le complexe minier de l’Urgeiriça : un chevalement, un village ouvrier complet et une histoire industrielle qui touche à la course à l’atome. Mais c’est aussi le plus sensible, avec des périmètres de sécurité qu’il faut absolument respecter — il se photographie donc depuis l’extérieur, ce qui reste largement suffisant pour saisir son ampleur. Pour une journée détendue et parfaitement légale, l’écopiste de l’ancienne ligne du Dão est imbattable : cinquante kilomètres de gares, ponts et tunnels abandonnés, à parcourir à vélo. Les explorateurs plus solitaires, eux, préféreront les hameaux désertés du Montemuro, brumeux et silencieux.
Le plus simple est de partir de notre carte urbex, qui rassemble les lieux abandonnés déjà documentés au Portugal. Ensuite, exploitez les sources locales : les rapports publics de réhabilitation des anciennes mines d’uranium détaillent chaque site du district ; les archives ferroviaires retracent le tracé complet des lignes du Dão et du Vouga, gare par gare ; l’inventaire du patrimoine architectural décrit couvents, quintas et solares avec leur état de conservation. Les recensements par paroisse, comparés sur soixante ans, désignent les hameaux tombés à zéro habitant. Enfin, le repérage satellite dans les serras révèle très vite les groupes de toitures effondrées au bout d’un chemin sans voitures.