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Urbex Splitsko-dalmatinska županija

Split-Dalmatie est le terrain d’urbex le plus riche de Croatie : hôtels yougoslaves face à l’Adriatique, tunnels militaires de l’île de Vis, village fantôme de Malo Grablje et hameaux de pierre du Zagora. Préparez votre lampe et partez explorer ces lieux abandonnés fascinants !

Krvavica (21320)
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Centre de santé abandonné
2,69 €
Krvavica (21320)
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Station balnéaire militaire maritime abandonnée pour enfants, Krvavica, Croatie
2,69 €

Le comitat de Split-Dalmatie concentre tout ce qui fait la puissance de l’urbex croate : des hôtels de béton posés face à l’Adriatique et jamais rouverts, des tunnels militaires creusés dans les îles par l’armée yougoslave, un village de pierre abandonné sur les hauteurs de Hvar et l’arrière-pays aride du Zagora, vidé par l’exode et marqué par la guerre d’indépendance. Entre la riviera de Makarska, la vallée de la Cetina et les îles de Brač, Hvar et Vis, c’est probablement la région la plus riche du pays en lieux abandonnés.

Tourisme yougoslave, industrie et guerre : trois héritages

Le premier héritage est balnéaire. Dans les années 1960 et 1970, la Yougoslavie mise massivement sur le tourisme adriatique : d’immenses complexes hôteliers en béton, souvent signés par de grands architectes modernistes, sortent de terre le long de la côte dalmate. La guerre de 1991-1995 interrompt brutalement la fréquentation, et beaucoup de ces établissements servent alors à héberger des réfugiés. Après la guerre, la privatisation chaotique et l’ampleur des travaux de remise à niveau en condamnent une partie : sur la riviera de Makarska comme aux abords de Split, des carcasses d’hôtels dominent toujours des plages superbes.

Le deuxième héritage est militaire. Split était le grand port militaire de l’Adriatique et l’île de Vis, verrou stratégique, est restée fermée aux étrangers jusqu’en 1989 : elle conserve des tunnels, des abris pour vedettes et des batteries creusés dans la roche. La côte et les îles sont parsemées de postes de guet et de dépôts abandonnés lors du retrait de l’armée yougoslave en 1991-1992. Non loin de Baška Voda, à Krvavica, un ancien centre de convalescence maritime pour enfants de militaires, construit au début des années 1960 dans une pinède en bord de mer, est un chef-d’œuvre du modernisme yougoslave laissé à l’abandon depuis les années 1990.

Le troisième héritage est industriel et rural. Autour de Solin et de la vallée de la Jadro, la Dalmatie a inventé son industrie du ciment dès le milieu du XIXe siècle ; les fours et les carrières fermés composent un paysage minéral saisissant. Dans l’arrière-pays, entre Sinj, Vrlika et Imotski, la dépopulation, puis les combats de la première moitié des années 1990, ont laissé des maisons de pierre éventrées et des hameaux entiers sans habitants.

Quels types de lieux abandonnés explorer ?

  • Hôtels et complexes de vacances : bâtiments modernistes des années 1960-1980 laissés en l’état le long de la côte.
  • Installations militaires : tunnels et casemates des îles, casernes et dépôts rendus après 1991.
  • Villages de pierre abandonnés : hameaux d’altitude désertés au profit du littoral.
  • Sites industriels : cimenteries, carrières, entrepôts portuaires et ateliers de la ceinture de Split.
  • Bâtiments sanitaires et sociaux : sanatoriums maritimes, colonies de vacances et centres de convalescence.
  • Maisons et fermes du Zagora : bâtisses en pierre sèche, bergeries et moulins de la vallée de la Cetina.
  • Forts et ouvrages anciens : vestiges vénitiens et austro-hongrois disséminés sur la côte et les îles.

Les spots urbex emblématiques de Split-Dalmatie

1. Le centre de convalescence maritime de Krvavica

  • Description : à quelques pas de la mer, ce bâtiment circulaire posé sur pilotis au milieu des pins est l’une des icônes de l’architecture moderniste yougoslave. Conçu au début des années 1960 pour accueillir les enfants de militaires en convalescence, il est vide depuis les années 1990 et se dégrade lentement.
  • Conseils : le site est fragile et régulièrement discuté dans les projets de protection du patrimoine. Structures affaissées, verre brisé, escaliers instables : la prudence est de mise et l’on n’emporte évidemment rien.

2. Les hôtels abandonnés de la riviera de Makarska

  • Description : entre Makarska, Brela et Podgora, plusieurs grands hôtels des années 1970 n’ont jamais rouvert. Halls dénudés, ascenseurs béants, chambres ouvertes sur la mer : le contraste entre le décor de carte postale et les ruines est saisissant.
  • Conseils : ces bâtiments appartiennent à des sociétés privées et la fréquentation touristique est forte en été. Beaucoup sont clôturés, certains sont en chantier. Privilégiez la basse saison et les prises de vue depuis l’extérieur.

3. Malo Grablje, le village fantôme de Hvar

  • Description : niché dans un vallon de l’île de Hvar, ce village de pierre a été progressivement déserté au XXe siècle, ses habitants descendant vers la côte. Ruelles voûtées, pressoirs, chapelle et maisons sans toit forment un ensemble d’une beauté rare.
  • Conseils : on y accède à pied par un sentier ; prévoyez eau, chapeau et bonnes chaussures, la chaleur estivale est redoutable. Les murs de pierre sèche sont instables : ne grimpez pas dessus.

4. Les tunnels militaires de l’île de Vis

  • Description : longtemps interdite aux visiteurs étrangers, Vis abrite des galeries creusées dans le calcaire, des abris pour embarcations rapides et des positions d’artillerie hérités de la marine yougoslave, aujourd’hui envahis par la végétation.
  • Conseils : plusieurs de ces sites font l’objet de visites organisées par des guides locaux, en jeep ou en bateau — la meilleure formule, la plus sûre et la plus instructive. En dehors de ce cadre, restez à l’écart des galeries non balisées.

5. Les anciennes cimenteries de Solin et de la vallée de la Jadro

  • Description : berceau de l’industrie du ciment dalmate, ce secteur conserve des fours, des silos et des bâtiments techniques hors d’usage, à deux pas des ruines antiques de Salone. Un télescopage d’époques unique en Croatie.
  • Conseils : zones industrielles encore partiellement actives et surveillées. Poussières, silos ouverts et sols instables : on observe depuis les abords, on ne s’introduit pas dans les enceintes en activité.

Les plus grandes villes du comitat

VillePopulation (approx.)Intérêt urbex
Split≈ 160 000 hab.Friches portuaires et industrielles, hôtels et bâtiments publics vides
Kaštela≈ 38 000 hab.Anciennes usines de la baie et château-villas délaissés
Solin≈ 24 000 hab.Cimenteries historiques et vestiges antiques de Salone
Sinj≈ 22 000 hab.Porte du Zagora, casernes et bâtisses rurales abandonnées
Omiš≈ 14 000 hab.Vallée de la Cetina, moulins et forteresses en ruine
Makarska≈ 13 000 hab.Complexes hôteliers fermés de la riviera
Trogir≈ 13 000 hab.Chantiers navals et bâtiments industriels en bord de mer
Imotski≈ 10 000 hab.Karst, hameaux dépeuplés et maisons de pierre abandonnées

Quel est le meilleur spot urbex de Split-Dalmatie ?

Pour le choc visuel, le centre de convalescence de Krvavica est difficile à égaler : un bâtiment moderniste circulaire au milieu des pins, à quelques mètres de l’Adriatique, dans un état de dégradation avancée. Il s’adresse à des explorateurs prudents et respectueux, car sa structure est fatiguée. Le spot le plus accessible et le plus apaisant reste Malo Grablje, sur Hvar : une simple randonnée mène à un village de pierre entier, sans clôture ni interdiction, idéal pour la photographie et pour une première expérience. Les passionnés d’histoire militaire préféreront les tunnels de Vis, à découvrir avec un guide local, tandis que les hôtels de la riviera de Makarska offriront le décor le plus spectaculaire aux photographes patients.

Comment trouver des adresses urbex en Dalmatie ?

Le meilleur point de départ est notre carte urbex, qui recense les lieux abandonnés documentés en Croatie et permet de visualiser d’un coup d’œil les grappes autour de Split, de la riviera et des îles. Complétez par l’histoire du tourisme yougoslave : les listes d’établissements construits entre 1960 et 1985 conduisent directement aux hôtels jamais rouverts. Les registres du patrimoine croate signalent villages, moulins et bâtiments modernistes protégés mais inoccupés. Le repérage satellite est particulièrement efficace ici, car les toitures effondrées et les piscines vides se repèrent instantanément sur fond de karst clair. Enfin, les habitants et les guides locaux, notamment sur les îles, connaissent les sites mieux que quiconque et savent lesquels sont dangereux.

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