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Split-Dalmatie est le terrain d’urbex le plus riche de Croatie : hôtels yougoslaves face à l’Adriatique, tunnels militaires de l’île de Vis, village fantôme de Malo Grablje et hameaux de pierre du Zagora. Préparez votre lampe et partez explorer ces lieux abandonnés fascinants !
Le comitat de Split-Dalmatie concentre tout ce qui fait la puissance de l’urbex croate : des hôtels de béton posés face à l’Adriatique et jamais rouverts, des tunnels militaires creusés dans les îles par l’armée yougoslave, un village de pierre abandonné sur les hauteurs de Hvar et l’arrière-pays aride du Zagora, vidé par l’exode et marqué par la guerre d’indépendance. Entre la riviera de Makarska, la vallée de la Cetina et les îles de Brač, Hvar et Vis, c’est probablement la région la plus riche du pays en lieux abandonnés.
Le premier héritage est balnéaire. Dans les années 1960 et 1970, la Yougoslavie mise massivement sur le tourisme adriatique : d’immenses complexes hôteliers en béton, souvent signés par de grands architectes modernistes, sortent de terre le long de la côte dalmate. La guerre de 1991-1995 interrompt brutalement la fréquentation, et beaucoup de ces établissements servent alors à héberger des réfugiés. Après la guerre, la privatisation chaotique et l’ampleur des travaux de remise à niveau en condamnent une partie : sur la riviera de Makarska comme aux abords de Split, des carcasses d’hôtels dominent toujours des plages superbes.
Le deuxième héritage est militaire. Split était le grand port militaire de l’Adriatique et l’île de Vis, verrou stratégique, est restée fermée aux étrangers jusqu’en 1989 : elle conserve des tunnels, des abris pour vedettes et des batteries creusés dans la roche. La côte et les îles sont parsemées de postes de guet et de dépôts abandonnés lors du retrait de l’armée yougoslave en 1991-1992. Non loin de Baška Voda, à Krvavica, un ancien centre de convalescence maritime pour enfants de militaires, construit au début des années 1960 dans une pinède en bord de mer, est un chef-d’œuvre du modernisme yougoslave laissé à l’abandon depuis les années 1990.
Le troisième héritage est industriel et rural. Autour de Solin et de la vallée de la Jadro, la Dalmatie a inventé son industrie du ciment dès le milieu du XIXe siècle ; les fours et les carrières fermés composent un paysage minéral saisissant. Dans l’arrière-pays, entre Sinj, Vrlika et Imotski, la dépopulation, puis les combats de la première moitié des années 1990, ont laissé des maisons de pierre éventrées et des hameaux entiers sans habitants.
| Ville | Population (approx.) | Intérêt urbex |
|---|---|---|
| Split | ≈ 160 000 hab. | Friches portuaires et industrielles, hôtels et bâtiments publics vides |
| Kaštela | ≈ 38 000 hab. | Anciennes usines de la baie et château-villas délaissés |
| Solin | ≈ 24 000 hab. | Cimenteries historiques et vestiges antiques de Salone |
| Sinj | ≈ 22 000 hab. | Porte du Zagora, casernes et bâtisses rurales abandonnées |
| Omiš | ≈ 14 000 hab. | Vallée de la Cetina, moulins et forteresses en ruine |
| Makarska | ≈ 13 000 hab. | Complexes hôteliers fermés de la riviera |
| Trogir | ≈ 13 000 hab. | Chantiers navals et bâtiments industriels en bord de mer |
| Imotski | ≈ 10 000 hab. | Karst, hameaux dépeuplés et maisons de pierre abandonnées |
Pour le choc visuel, le centre de convalescence de Krvavica est difficile à égaler : un bâtiment moderniste circulaire au milieu des pins, à quelques mètres de l’Adriatique, dans un état de dégradation avancée. Il s’adresse à des explorateurs prudents et respectueux, car sa structure est fatiguée. Le spot le plus accessible et le plus apaisant reste Malo Grablje, sur Hvar : une simple randonnée mène à un village de pierre entier, sans clôture ni interdiction, idéal pour la photographie et pour une première expérience. Les passionnés d’histoire militaire préféreront les tunnels de Vis, à découvrir avec un guide local, tandis que les hôtels de la riviera de Makarska offriront le décor le plus spectaculaire aux photographes patients.
Le meilleur point de départ est notre carte urbex, qui recense les lieux abandonnés documentés en Croatie et permet de visualiser d’un coup d’œil les grappes autour de Split, de la riviera et des îles. Complétez par l’histoire du tourisme yougoslave : les listes d’établissements construits entre 1960 et 1985 conduisent directement aux hôtels jamais rouverts. Les registres du patrimoine croate signalent villages, moulins et bâtiments modernistes protégés mais inoccupés. Le repérage satellite est particulièrement efficace ici, car les toitures effondrées et les piscines vides se repèrent instantanément sur fond de karst clair. Enfin, les habitants et les guides locaux, notamment sur les îles, connaissent les sites mieux que quiconque et savent lesquels sont dangereux.