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Urbex Zagrebačka županija

La couronne de Zagreb réunit tout ce que la Croatie compte de lieux abandonnés accessibles : châteaux nobiliaires, usines fermées dans les années 1990, casernes vidées en 1991, mines de Samobor et maisons de bois du Turopolje. Préparez votre lampe et partez explorer !

Kerestinec (10431)
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Château Erdődy Abandonné
2,69 €
Božjakovina (10370)
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Château abandonné Drašković (alias château Blahimir)
2,69 €

Le comitat de Zagreb (Zagrebačka županija) forme une couronne complète autour de la capitale croate, sans l’inclure. C’est la ceinture de Zagreb : ses zones industrielles héritées de la Yougoslavie, ses châteaux nobiliaires, ses anciennes mines de Samobor, ses villages de bois du Turopolje et ses casernes vidées en 1991. Moins spectaculaire que la côte dalmate, ce territoire de plaine et de collines offre pourtant l’un des terrains d’urbex les plus variés de Croatie, et surtout le plus facile d’accès : tout se trouve à moins de quarante minutes du centre de Zagreb.

Une couronne façonnée par la mine, l’industrie et la guerre

L’histoire commence sous terre. Autour de Samobor, le village de Rude a vu s’exploiter le cuivre, le fer et le gypse depuis le Moyen Âge, activité qui s’est éteinte au XXe siècle en laissant des entrées de galeries, des bâtiments techniques et des haldes dans les bois du Žumberak. Les collines de Samobor et de Sveta Nedelja ont aussi accueilli meuneries, verreries et petites usines qui ont accompagné l’essor de Zagreb.

La deuxième couche est socialiste. À partir des années 1950, la République socialiste de Croatie industrialise la couronne de la capitale : usines métallurgiques et chimiques à Zaprešić et Sveta Nedelja, agroalimentaire à Vrbovec et Dugo Selo, exploitation pétrolière et gazière autour d’Ivanić-Grad, aéroport et logistique à Velika Gorica. La vague de privatisations des années 1990 a mis à l’arrêt une grande partie de cet appareil productif : halles vides, bureaux abandonnés et entrepôts éventrés bordent encore les axes routiers.

La troisième couche est militaire. À l’automne 1991, la bataille des casernes conduit au blocus puis au départ des unités de l’armée populaire yougoslave stationnées en Croatie ; des dizaines de casernes, de dépôts et de terrains d’exercice se vident en quelques semaines. Certains ont été reconvertis, d’autres attendent depuis trente-cinq ans. Le sud du comitat, vers la Kupa et la Banovina, s’est retrouvé à proximité de la ligne de front : villages détruits, maisons brûlées, exode de population.

Enfin, la couche la plus ancienne est nobiliaire : le comitat compte des dvorci et kurije hérités de la période austro-hongroise, du château fossoyé de Jastrebarsko au domaine de Novi Dvori à Zaprešić, ancienne propriété du ban Josip Jelačić. Nationalisés après 1945, souvent transformés en écoles ou en fermes collectives, plusieurs sont restés vacants pendant des décennies avant que des restaurations ne soient engagées.

Les types de lieux abandonnés du comitat

  • Friches industrielles : usines métallurgiques, chimiques et agroalimentaires fermées lors de la transition des années 1990.
  • Casernes et dépôts militaires : emprises de l’armée yougoslave abandonnées à partir de 1991.
  • Châteaux et manoirs : demeures baroques et néogothiques, certaines en cours de restauration, d’autres à l’abandon.
  • Patrimoine minier : galeries, bâtiments et vestiges d’exploitation autour de Samobor et du Žumberak.
  • Maisons de bois du Turopolje : architecture traditionnelle en chêne, souvent laissée sans entretien.
  • Bâtiments publics désaffectés : écoles de village, salles communes, coopératives agricoles et gares secondaires.
  • Installations pétrolières : équipements de surface hors service dans le secteur d’Ivanić-Grad.

Les spots urbex marquants autour de Zagreb

1. Le château d’Erdödy à Jastrebarsko

  • Description : entouré de douves et posé au milieu d’un parc, ce château dont les origines remontent au Moyen Âge a été remanié à l’époque baroque. Vidé de ses fonctions après-guerre, il est longtemps resté à l’abandon, avec ses arcades effritées et ses fenêtres murées, avant que des travaux ne soient engagés.
  • Conseils : le parc est un espace public agréable, mais le bâtiment est étayé et fermé. Renseignez-vous sur l’avancée du chantier avant de vous déplacer, et n’entrez jamais dans une zone de travaux.

2. Les anciennes mines de Rude, près de Samobor

  • Description : exploitées pendant des siècles pour le cuivre, le fer puis le gypse, ces galeries des collines de Samobor racontent une histoire minière méconnue. Les vestiges de surface et les entrées de galeries se devinent dans la forêt, au milieu des sentiers de randonnée.
  • Conseils : une partie du patrimoine minier local est mise en valeur et se visite accompagné. En dehors de ce cadre, aucune galerie n’est sûre : effondrements, atmosphère viciée et puits noyés. On reste dehors.

3. Le domaine de Novi Dvori à Zaprešić

  • Description : ancienne propriété du ban Jelačić, cet ensemble du XIXe siècle réunit un manoir, des dépendances agricoles, un grenier monumental et un mausolée dans un grand parc. Certaines dépendances sont restées longtemps sans usage, entre restaurations partielles et projets en attente.
  • Conseils : le parc et une partie du site sont ouverts au public. Contentez-vous des espaces accessibles : les bâtiments fermés sont fragiles et surveillés.

4. Les maisons de bois du Turopolje

  • Description : au sud de Velika Gorica, la plaine du Turopolje conserve une architecture rurale en chêne unique en Croatie — maisons sur pilotis de pierre, granges, chapelles de bois. Les départs vers la ville en ont laissé beaucoup à l’abandon, s’affaissant doucement dans les prés.
  • Conseils : ces maisons ont des propriétaires et une valeur patrimoniale réelle. Photographiez depuis la rue ou demandez l’autorisation ; le bois pourri ne supporte plus aucun poids.

5. Les friches industrielles de la ceinture de Zagreb

  • Description : de Zaprešić à Ivanić-Grad en passant par Sveta Nedelja et Dugo Selo, d’anciennes usines bordent les voies ferrées et les grands axes. Halles à structure métallique, silos, vestiaires ouvriers et bureaux figés dans les années 1990 y attendent une reconversion.
  • Conseils : ces sites sont souvent partiellement occupés par de nouvelles activités, avec gardiennage. Amiante, sols pollués et toitures en fibrociment sont fréquents : masque et gants indispensables.

Les principales villes du comitat de Zagreb

VillePopulation (approx.)Intérêt urbex
Velika Gorica≈ 63 000 hab.Zones logistiques, anciennes emprises militaires, Turopolje rural
Samobor≈ 37 000 hab.Patrimoine minier de Rude, moulins et petites usines
Zaprešić≈ 25 000 hab.Domaine de Novi Dvori et friches industrielles
Sveta Nedelja≈ 18 000 hab.Halles et entrepôts de la ceinture ouest
Dugo Selo≈ 17 000 hab.Bâtiments ferroviaires et sites industriels
Sveti Ivan Zelina≈ 15 000 hab.Manoirs, caves et fermes abandonnées des collines
Jastrebarsko≈ 15 000 hab.Château d’Erdödy, patrimoine rural du Žumberak
Ivanić-Grad≈ 13 000 hab.Installations pétrolières et gazières hors service

Quel est le meilleur spot urbex du comitat de Zagreb ?

Pour une première sortie, le château d’Erdödy à Jastrebarsko est le meilleur choix : accessible en train depuis Zagreb, entouré d’un parc public, il se photographie sous tous les angles sans franchir la moindre barrière. Les amateurs d’ambiance rurale et de textures préféreront les maisons de bois du Turopolje, un urbex lent et discret, à faire à vélo dans la plaine au sud de Velika Gorica. Les explorateurs attirés par l’industriel viseront la ceinture d’usines de Zaprešić et Sveta Nedelja, plus brute mais aussi plus surveillée. Enfin, le patrimoine minier de Rude combine randonnée en forêt et histoire souterraine, à condition de rester à l’extérieur des galeries.

Comment trouver des adresses urbex autour de Zagreb ?

Commencez par notre carte urbex, qui rassemble les lieux abandonnés documentés en Croatie : la région de la capitale y est l’une des mieux couvertes. Poursuivez par les inventaires du patrimoine croate, qui listent nommément châteaux, manoirs et maisons de bois protégés, avec leur état de conservation. Les plans d’urbanisme communaux et les appels d’offres publics signalent les friches promises à la démolition ou à la reconversion — une information gratuite et souvent très précise. La presse locale relaie les débats sur les bâtiments à l’abandon, et le repérage satellite complète le tout, en révélant hangars sans toit et cours envahies. Enfin, les explorateurs croates échangent volontiers avec ceux qui respectent les lieux.

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