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Pendant cinquante ans, Borne Sulinowo n’existait sur aucune carte : c’était une garnison secrète, allemande puis soviétique. Avec le village fantôme de Kłomino, les galeries du mur de Poméranie, les forts de Szczecin et des centaines de fermes d’État liquidées en 1991, la Poméranie occidentale est un terrain d’urbex exceptionnel !
La Poméranie occidentale possède quelque chose que peu de régions européennes peuvent revendiquer : une ville entière qui n’existait sur aucune carte. Pendant près de cinquante ans, Borne Sulinowo a abrité une garnison secrète, allemande puis soviétique, invisible pour l’administration polonaise elle-même, avant d’être ouverte au public en 1993. Autour, la voïvodie aligne les forts de Szczecin, les ouvrages bétonnés du mur de Poméranie, les batteries côtières de l’île de Wolin et surtout des centaines de fermes d’État liquidées au début des années 1990. Peu de destinations offrent une telle densité de lieux abandonnés.
Avant 1945, la région est allemande : Stettin est un grand port de la Baltique, durement bombardé pendant la guerre. Dès les années 1930, l’armée du Reich y construit deux ensembles majeurs. Le premier est la position fortifiée du mur de Poméranie, une ligne de blockhaus, d’abris et de galeries édifiée entre 1930 et 1937 dans le secteur de Wałcz, dont certains groupes d’ouvrages se visitent aujourd’hui. Le second est un immense camp d’entraînement créé à partir de 1933, qui deviendra après 1945 la base soviétique de Borne Sulinowo, avec sa ville close, ses casernes, ses dépôts et son village annexe de Kłomino, définitivement abandonné après le retrait de 1992.
Sur la côte, l’île de Wolin et les abords de Świnoujście conservent un chapelet de fortifications : forts prussiens du XIXe siècle, batteries de la Seconde Guerre mondiale et un complexe souterrain allemand creusé pendant le conflit. Enfin, l’histoire agricole a laissé la marque la plus profonde. Après 1945, la Poméranie occidentale devient le royaume des fermes d’État, qui occupent l’essentiel des terres. Leur liquidation entre 1991 et 1993 a vidé d’un coup des villages entiers de leur raison d’être, laissant sur place silos, étables, ateliers et manoirs qui leur servaient de sièges.
| Ville | Population (approx.) | Intérêt urbex |
|---|---|---|
| Szczecin | ≈ 390 000 hab. | Forts prussiens, friches portuaires, hôpitaux et immeubles vacants |
| Koszalin | ≈ 105 000 hab. | Anciennes casernes, bâtiments industriels et emprises militaires |
| Stargard | ≈ 65 000 hab. | Halles ferroviaires et grandes fermes d’État des environs |
| Kołobrzeg | ≈ 46 000 hab. | Fortifications côtières et ancienne base aérienne voisine |
| Świnoujście | ≈ 40 000 hab. | Forts prussiens, batteries et ouvrages de l’île de Wolin |
| Szczecinek | ≈ 39 000 hab. | Portes de Borne Sulinowo, friches industrielles et agricoles |
| Police | ≈ 32 000 hab. | Vestiges d’un vaste complexe chimique de la Seconde Guerre mondiale |
| Wałcz | ≈ 24 000 hab. | Cœur du mur de Poméranie et de ses galeries souterraines |
Impossible de ne pas citer Borne Sulinowo et Kłomino : une ville qui n’apparaissait sur aucune carte et un village entièrement abandonné depuis 1992 constituent l’expérience la plus forte que la région puisse offrir, avec l’avantage que l’essentiel se parcourt depuis des routes et des chemins publics. Pour une sortie plus encadrée, les ouvrages du mur de Poméranie autour de Wałcz sont parfaits : le groupe fortifié aménagé permet de descendre dans les galeries en toute sécurité, ce qui en fait un excellent point d’entrée. Enfin, les fermes d’État disséminées dans la campagne offrent la meilleure exploration itinérante : peu spectaculaires isolément, elles racontent ensemble l’effondrement social des années 1990.
Ouvrez notre carte urbex pour situer les lieux déjà documentés en Pologne, puis creusez localement. Les associations de fortification publient des relevés très précis du mur de Poméranie et des forts côtiers, souvent avec l’état des accès. Les cartes allemandes d’avant 1945, numérisées, permettent de repérer batteries, domaines et voies ferrées disparus, tandis que les archives agricoles et la presse régionale documentent le sort des anciennes fermes d’État, régulièrement mises en vente. Le repérage satellite fait ensuite merveille : silos-tours, casernes alignées et hangars d’aviation ont des signatures immédiatement reconnaissables. Terminez par un échange avec les explorateurs poméraniens, qui connaissent l’état réel du terrain.